Les spectacles > Je ne sais pas si la mer...
Note de mise en scène
"En ouvrant la radio, chaque matin, le bruit du monde se déverse dans ma cuisine.

Tous les jours, il y a des morts à table. Il y a aussi des voix qui me parviennent de là-bas, du pourtour de notre mer.
Et pourtant, en ouvrant la radio je deviens sourd.
Comment m’est-il encore possible d’entendre ces voix ?
Et si un jour, ce n’étaient plus les voix mais les corps qui s’invitaient à ma table. Dans une présence terrible et belle. Devant moi, ces corps demanderaient à se faire entendre.
Ils pourraient chanter et dire ce qui, d’ailleurs, me ressemble.
Un moment de rapprochement.

Je pourrais me croire leur frère. Je pourrais penser que je les comprends que je les « entends ». Je pourrais penser que Babel n’est pas un mythe !

Mais l’illusion serait fugace : je sais qu’ils devront repartir et que l’espace partagé un instant n’est pas la confusion de l’espace. Chacun le sien : pour vivre.

Car l’Autre n’est beau que dans son altérité, dans son visage unique où toute sa différence éclate.


Le spectacle

Les textes
L'équipe
La presse

Extraits musicaux

Voilà le début du spectacle :
la radio s’allume, le son monte et véhicule des corps de poètes jusqu’à nous. Le corps du texte.

Le son comme véhicule :
quoi de plus logique dans un spectacle musical ?

Les corps entrent en jeu par le biais de la parole, de la musique : chacun tente de se reconnaître.
Car voilà l’enjeu : la reconnaissance. Ni l’assimilation, ni le rejet mais l’accueil comme une nouvelle naissance.

Peut-être des relations tenteront de s’esquisser. Amour. Choix électifs.
Fête d’un instant : moment partagé.
Fête de la langue et de la musique
Et puis…
Et puis le soir tombe et il faut rentrer chacun chez soi.
Mais maintenant on sait où chacun habite…

Un dernier morceau avant de repartir pour garder la fête en soi.
La radio s’éteint.

Demain, j’entendrai mieux encore."

Béla Czuppon - Metteur en scène